Lentement (2017)

Crédits

Un spectacle de Julien Barbazin
Auteur Howard Barker
Traduction Vanasay Khamphommala

Avec Josée Drevon / Elisabeth Barbazin / Celine Morvan / Marie Champain

Collaboration Jean Marie Carrel

Photographe: Patrice Forsans & July Bretenet

Durée 50 minutes

Dates

2017  Dans le cadre du « Festival des caves » ( Dijon, Auxonne & Besançon).

Isolées dans une pièce, quatre femmes attendent l’arrivée de l’envahisseur. Leur seul rempart face à la barbarie : le respect du protocole, dernier vestige d’une culture au bord de l’extinction. Comment faire face à la fin ? Il y a tant de manières de mourir lorsque l’on est civilisé…
Dans ces pièces, Barker fait se rencontrer le corps intime et l’Histoire, le désir et la mort, à travers des personnages féminins qui sont tout à la fois des victimes sacrificielles et des héroïnes tragiques à la puissance absolue.

Le théâtre de Barker est essentiellement viscéral . Le spectateur est happé par un espace de cruauté et de survie , un espace tortionnaire dont violence et angoisse sont les principes de base. Tragique par essence, la dramaturgie de Barker est toujours pensée comme tension. Le rire qui retentit parfois, insolite, sur la scène est toujours porteur d’une menace ou d’un conflit. Le statut du rire est défini par Barker dans son art poétique.

S’élevant contre le théâtre socio-politique et ses avatars et méprisant le théâtre “mainstream”, Barker crée une relation neuve entre le public et la scène. Cette relation est viscérale par nature (et non cérébrale) et donc intime par essence. En faisant surgir un espace de la catastrophe, c’est tout l’espace théâtral que la dramaturgie de Barker parvient à réformer. Barker met en accusation la configuration de l’espace théâtral où la pièce est représentée tout en bas sous le regard dominateur de spectateurs-juges. S’insurgeant contre le théâtre comme tribunal, Barker déconstruit la dichotomie fondatrice regardants/regardés, juges/jugés. Cette espèce rare de theatre apprivoise les instants pulsionnels et renvoie chaque spectateur à sa propre vérité. C’est en cela que l’espace de la catastrophe relève d’un théâtre vital. Howard Barker hait le théâtre ordinaire qu’il résume dans la notion, pour lui détestable, de « foyer », avec ses bavardages polis et donc futiles.

Il s’agira de cerner de plus près l’objectif de sa dramaturgie réactiver les catachrèses scéniques, donner un sens nouveau aux différents espaces théâtraux (espaces scénique, dramatique mais aussi ludique et textuel) pour enfin créer l’espace de la catastrophe. Chose peu courante pour le travail de la compagnie, nous allons respecter scrupuleusement les didascalies du texte car nous les trouvons incroyablement justes et fortes.

Le dispositif

Un rapport classique scène / salle en frontal. les quatre femmes seront debout sur des legers plots, face et très proche du public. Seuls leurs visages seront éclairés par un petit système lumineux autonome. A l’arrière plan un tulle noir sera tendu et grâce à une installation lumineuse simple, des ombres seront projetées en rétroprojection, figurant tout en suggestion une barricade mouvante. Accompagné par des sons de coups contre des portes et des borborygmes, l’envahisseur sera omni présent derrière ce tulle, menaçant à tous moments les quatre protagonistes. Elles sont dans l’attente de l’intervention de l’envahisseur. Face au monde elles se tiennent droites, dignes et fortes. Mais elles ont chacune leur manière d’attendre, chacune une attittude face à la catastrophe; Il y a celle qui se suicide, celle qui veut faire la pute, celle qui veut faire la pute à contre coeur et celle qui veut être tuée ; Des manières différentes de réagir face a une situation extrême.

« Il y a tant de manières de mourir lorsque l’on est civilisé. »